Interview de Salma BOUGRINI, Digital Experience Coordinator chez Piaget

Interview de Salma BOUGRINI, Digital Experience Coordinator chez Piaget

À seulement 26 ans, Salma BOUGRINI évolue déjà dans un environnement exigeant et prestigieux, celui de la haute horlogerie et de la joaillerie, au sein de la maison Piaget à Genève. Passée par un parcours en gestion avant de se spécialiser dans le digital, elle pilote aujourd’hui l’expérience en ligne de la marque. Entre responsabilités rapides, montée en compétences sur le terrain et gestion de la pression, elle nous partage un témoignage authentique et riche d’enseignements.

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Salma BOUGRINI, j’ai 26 ans et je suis aujourd’hui Digital Experience Coordinator chez Piaget, une maison du groupe Richemont. J’ai rejoint l’entreprise en septembre 2024 en stage, et depuis, j’ai eu l’opportunité de poursuivre l’aventure en CDD. Une évolution que je n’avais pas forcément anticipée, mais qui s’est faite naturellement grâce aux opportunités internes.

Mon parcours est assez progressif, avec une spécialisation qui s’est construite au fil du temps. J’ai commencé avec un bac STMG option finance, puis j’ai intégré un DUT GEA à l’IUT d’Annecy, avec une spécialisation en gestion financière. À l’époque, je m’orientais plutôt vers des métiers liés aux chiffres, voire l’expertise comptable.

Par la suite, j’ai poursuivi avec une licence en gestion de projet et management d’équipe, ce qui m’a permis d’élargir ma vision. J’ai ensuite intégré un MBA en marketing et communication digitale, toujours à Annecy, avant de terminer par un master spécialisé en transformation digitale. Un point clé de mon parcours, c’est l’alternance. J’ai réalisé trois années en alternance. Une première chez Ecotel, puis deux années chez NTN Europe. Ces expériences m’ont permis de développer des compétences concrètes, mais aussi de mieux comprendre le fonctionnement des entreprises. Finalement, c’est un peu par surprise que je suis arrivée chez Piaget. J’ai postulé sans vraiment y croire, et j’ai été prise. C’était une très belle opportunité, surtout dans le secteur du luxe qui m’attirait depuis longtemps.

En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui, mon rôle est centré sur le site internet de Piaget. Concrètement, je m’occupe de tout ce qui est visible en ligne, en passant par la création des pages, l’intégration des contenus, la mise en ligne des produits, la rédaction ou l’optimisation des textes SEO. Mais mon métier ne se limite pas à de l’exécution. Il y a une forte dimension de coordination. Je travaille avec de nombreuses équipes en passant par le marketing, contenu, presse, mais aussi avec des agences externes, notamment pour la traduction ou le référencement. Je suis également impliquée dans le lancement des nouvelles collections. Cela implique de gérer non seulement les fiches produits, mais aussi tout le storytelling associé, donc raconter l’histoire d’une collection, mettre en valeur l’univers de la marque, etc.

Il n’y a pas vraiment de journée type. Certaines journées sont très opérationnelles, d’autres plus orientées coordination ou gestion de projet. C’est ce qui rend le métier dynamique et intéressant.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ton métier ?

La première qualité, sans hésiter, c’est l’organisation. On gère énormément d’informations, de contenus et de deadlines. Sans une bonne organisation, on peut vite se sentir dépassé. Ensuite, il faut savoir gérer la pression. Le digital, et plus particulièrement l’e-commerce, est un environnement très rythmé. Les informations arrivent souvent au dernier moment, ce qui crée des situations d’urgence.Ce n’est pas constant, mais il y a clairement des périodes plus intenses. L’e-commerce est très lié aux saisonnalités et aux événements.  Il faut donc être capable de rester calme, de prioriser et de ne pas se laisser submerger. 

Par exemple, lors du salon Watches & Wonders à Genève, toutes les nouveautés doivent être publiées en même temps. Cela représente un volume important de produits, chacun avec des contenus détaillés. Dans ces moments-là, la pression est bien réelle. Mais cette pression n’est pas forcément négative. Elle peut être stimulante. Quand on aime ce qu’on fait, on prend aussi du plaisir à relever ces défis. L’important, c’est de savoir prendre du recul et de bien prioriser ses tâches.

Enfin, la curiosité est essentielle. Le digital évolue en permanence, notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. Il faut constamment se tenir informé, tester de nouvelles choses, observer la concurrence.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

Ce que j’aime le plus, c’est la diversité des échanges. Je suis en contact avec des profils très variés comme les développeurs, les marketeurs, les agences… Cela demande de s’adapter en permanence, que ce soit dans la communication ou dans la compréhension des enjeux. J’apprécie aussi le niveau de responsabilité que j’ai pu avoir assez rapidement. Même en stage, on m’a confié des missions importantes. Cela m’a permis de gagner en confiance et en compétences. Enfin, l’environnement de travail joue énormément. Avoir une équipe bienveillante, qui te soutient et te fait confiance, c’est essentiel pour s’épanouir.

Quels sont les principaux challenges que tu as rencontrés ?

Un des plus gros challenges a été de remplacer ma manager pendant son congé maternité. Très vite, j’ai dû gérer des responsabilités beaucoup plus importantes, parfois sur des sujets que je ne maîtrisais pas encore totalement. Un autre challenge marquant a été le management d’une stagiaire. Passer d’une relation de collègue à une relation de manager n’est pas évident, surtout avec un écart d’âge très faible. J’ai dû apprendre à déléguer, à faire confiance, mais aussi à accepter que les autres ne travaillent pas forcément de la même manière que moi. C’est un vrai apprentissage, autant sur le plan professionnel qu’humain.

Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Au départ, je voulais travailler dans le luxe, c’était un objectif personnel. J’étais aussi attirée par la mode et la création. Mais je ne me destinais pas du tout au digital. C’est au cours de mes études que j’ai découvert une vraie affinité avec les outils numériques. J’étais très à l’aise avec les logiciels, et cela m’a progressivement orientée vers ce domaine. Mes expériences en alternance ont confirmé cette orientation. Et finalement, c’est en combinant mon intérêt pour le digital et mon attrait pour le luxe que je me suis retrouvée là où je suis aujourd’hui.

Pourquoi avoir choisi l’IUT d’Annecy ?

J’ai choisi l’IUT d’Annecy pour la diversité des enseignements. Je ne savais pas encore exactement ce que je voulais faire, et cette formation m’a permis d’explorer plusieurs domaines avant de me spécialiser. L’environnement a aussi joué un rôle important. Annecy offre une qualité de vie exceptionnelle, ce qui rend les études encore plus agréables. Enfin, j’ai beaucoup apprécié l’accompagnement des enseignants et les classes à taille humaine. On est encadré, suivi, et on peut facilement échanger avec les professeurs. C’est un vrai plus dans un parcours étudiant.

Quels conseils donnerais-tu aux étudiants ?

Je dirais avant tout de ne pas se fermer de portes. Il faut tester, expérimenter, découvrir différents secteurs. L’alternance est une vraie force. Elle permet de développer des compétences concrètes, mais aussi de gagner en maturité. On comprend beaucoup plus rapidement les réalités du monde professionnel. Je conseillerais aussi de rester curieux, de développer son réseau et de valoriser toutes ses expériences. Même une expérience négative peut être très formatrice. Enfin, il faut accepter que les parcours ne soient pas toujours linéaires. Parfois, les opportunités arrivent là où on ne les attend pas.

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