Interview alumni : Damian DEL VALLE, cofondateur de Digistylze et directeur des opérations.

À 25 ans, Damien DEL VALLE a déjà cofondé sa propre agence de marketing à Genève aux côtés d’un autre ancien GEA. Passionné d’entrepreneuriat depuis le lycée, il a fait de son parcours un tremplin vers la création de Digistylze. Entre curiosité, persévérance et envie de bâtir quelque chose à son image, il partage son parcours, ses défis et ses conseils à ceux qui souhaitent, eux aussi, se lancer.
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Damien DEL VALLE, j’ai 25 ans et je suis un ancien GEA de la promo 2020. Il y a un peu plus d’un an, avec un autre alumni de GEA, nous avons fondé Digistylze Genève, notre agence de marketing 360°. Aujourd’hui, on accompagne une soixantaine d’entreprises sur leurs besoins en communication, création de sites web, publicité ou community management.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer ta propre agence ?
L’envie d’entreprendre remonte à loin. Avec mon associé, nous avions déjà participé à un programme entrepreneurial au lycée, et on s’était promis qu’un jour, on créerait notre boîte. Après GEA, on a chacun travaillé de notre côté, mais on s’est vite rendu compte que le salariat ne nous convenait pas. Alors, on a décidé de se lancer pour de bon.
On est partis huit mois en Espagne, d’où je suis originaire, pour tester nos idées. On a fait beaucoup d’e-commerce, ouvert 26 boutiques dans des secteurs variés, et surtout, on a énormément appris en marketing. C’est là que tout a commencé.
Depuis combien de temps Digistylze existe-t-elle ?
Officiellement, la société est enregistrée depuis mars 2024, mais dans les faits, l’aventure a vraiment démarré fin août 2024. En un peu plus d’un an, on a connu une belle croissance : on a déménagé dans des locaux plus centraux à Genève, constitué une équipe de six personnes et accompagné plus de soixante entreprises.
Quelles expériences as-tu eues avant de créer ton entreprise ?
Après GEA, j’ai travaillé dans le recrutement grâce à ma directrice de stage. J’ai ensuite évolué vers les ressources humaines dans une entreprise de logiciels ERP. Ces expériences m’ont beaucoup appris sur la gestion de l’humain et le management.
J’ai ensuite poursuivi mes études avec un bac STMG, un DUT GEA option GMO, puis une licence en économie et gestion, option marketing et communication, avant de terminer par un master en management stratégique à Lyon 2. Ce parcours m’a permis d’avoir une vision globale du fonctionnement des entreprises, ce qui m’aide aujourd’hui à piloter Digistylze.
Quelles sont tes missions actuelles au sein de Digistylze ?
Je suis directeur des opérations. Mon rôle, est de m’assurer que les projets avancent dans les temps et que tout reste fluide. Je suis un peu le “gardien des deadlines”.
Je m’occupe aussi de la partie interne : gestion de projets, outils, automatisations, contrats, RH, facturation… tout ce qui permet à l’équipe de travailler dans de bonnes conditions. J’aime bien dire que je suis “le salarié de mes collaborateurs” : s’ils ont besoin d’un outil ou d’une optimisation, je le crée pour leur faciliter la vie.
Mon associé, lui, gère davantage la partie commerciale et les relations extérieures. On est très complémentaires, c’est ce qui fait notre force.
Quelles sont les qualités indispensables pour entreprendre ?
Je dirais d’abord l’écoute et l’empathie. Comprendre les besoins des autres, c’est essentiel. Ensuite, la curiosité, parce que notre métier évolue sans arrêt : nouvelles plateformes, nouveaux outils, IA… il faut se tenir à jour.
Et puis la vision, la capacité à se projeter, à anticiper. Mon associé est plutôt optimiste, moi un peu plus prudent. On se complète bien. L’un pousse, l’autre tempère. C’est cet équilibre qui fait avancer l’entreprise.
Penses-tu qu’il vaut mieux entreprendre seul ou à deux ?
Ça dépend des personnalités, mais je pense qu’à deux, on va plus vite et plus loin. On partage les forces, on se soutient dans les moments difficiles, et on garde la motivation.
Quand on débute, on n’a pas forcément les moyens d’embaucher tout de suite. Avoir un associé, c’est aussi une manière de partager les responsabilités et d’apprendre plus vite.
Quel est ton plus grand challenge aujourd’hui ?
Sans hésiter : le développement commercial. À Genève, il y a plus de 700 agences marketing ! Il faut donc se différencier, prouver notre sérieux et reconstruire la confiance avec des clients souvent échaudés.
En quelques mois, nous avons triplé nos charges et doublé nos effectifs. Le vrai défi, c’est maintenant de stabiliser, maintenir et optimiser.
Quel est ton meilleur souvenir à GEA ?
Il y en a plein ! Les intégrations, le concours du starter pack GEA que j’avais remporté en créant le design des outils distribués aux étudiants…
Mais au-delà de tout ça, ce que je retiens, c’est l’esprit de famille du département. On bossait ensemble, on s’entraidait, et on restait soudés même après les cours.
Enfin, quel conseil donnerais-tu aux étudiants qui veulent entreprendre ?
Ne pas attendre. Ton plan ne sera jamais parfait, et c’est normal. Mais il faut oser. Oser se lancer, tester, apprendre, échouer parfois, et recommencer.
Quand on a créé Digistylze, on a tout quitté : nos CDI, nos avantages, notre confort. On est partis en Espagne avec nos économies et un objectif simple : apprendre et construire.
C’est ce saut dans le vide qui a tout déclenché. Alors, si tu as une idée, un projet, une envie… vas-y. Ose.
